Le plomb a été utilisé pour la fabrication des tuyaux d'aduction d'eau (plomberie) et il rentrait dans la composition des peintures (céruse). La céruse avait des propriétés appréciées : blancheur qui ne dénature pas les nuances obtenues par les mélanges de colorants, elle possède une excellente résistance au temps, une élasticité et une imperméabilité intéressante pour les murs humides.
Les préparations à base de céruse étaient utilisées dans les opérations préliminaires d'impression de rebouchage et d'enduisage entre lesquelles s'intercalaient des ponçages, des égrenages et des époussetages effectués au papier de verre, à la pierre ponce ou au couteau. Suite à ces opérations, les couches de peintures à l'huile (lin, pavot) étaient appliquées à la brosse.
Risques
Les risques pour la santé concernant l'intoxication par le plomb ou les sels de plomb sont multiples, mais le plus connu est le saturnisme.
Les signes de l'intoxication sont de violentes douleurs intestinales, des troubles nerveux et peut aboutir à la mort. Chez les jeunes enfants, le saturnisme peuvent entraîner des atteintes invisibles.
Législation.
Décret du 9 juin 1999
Dans les zones à risque de l'exposition au plomb, les acquéreurs d'immeuble d'habitation construits avant 1948 doivent réaliser un diagnostic de recherche du plomb et faire un état des risques d'accessibilité au plomb annexé au contrat de vente. L'état des risques d'accessibilité au plomb a pour objet d'identifier les surfaces comportant un revêtement avec présence de plomb et d'en évaluer l'état de conservation. Son élaboration comprend deux étapes :
un repérage des éléments de construction présentant des peintures à base de plomb. Ce repérage doit être réalisé en précisant les concentrations de plomb trouvées ainsi que la méthode utilisée (XRF ou analyse d'écailles)
une évaluation de l'état de conservation des peintures. Du fait de la très grande difficulté à codifier cette évaluation, celle-ci sera appréciée par le technicien de la construction en fonction de l'écaillage, du faïençage, de cloquage etc., généralisé ou ponctuel.
Arrêté du 12 juillet 1999
L'article 1° indique que ce diagnostic doit :
localiser les parties de l'immeuble habitées ou fréquentées régulièrement par des enfants
observer l'état de surface de chaque élément unitaire du bâtiment et établir la liste de ces éléments dont la surface est dégradée
déterminer les éléments unitaires devant faire l'objet de mesure de concentration en plomb
réaliser ces mesures
établir un rapport
Art. 2 - L'opérateur procède à une inspection complète des lieux habités ou fréquentés par des enfants, qu'il s'agisse des logements ou des parties communes.
Il établit la liste et la localisation précise des éléments unitaires du bâtiment présentant une unité fonctionnelle et susceptible de faire l'objet d'un traitement global en cas de travaux d'urgence, tel que fenêtre, plinthe, porte, paroi murale, plafond.
L'opérateur décrit le type de dégradation (écaillage, cloquage, faïençage, craquage, peintures pulvérulentes, usure par friction, traces de chocs, grattages, fissuration...) précise la localisation, définit la caractérisation (hauteur mesurée à partir du sol, pourcentage de surface dégradée par rapport à l'élément unitaire) et si possible l'origine de la dégradation.
L'opérateur note la date à laquelle il a procédé à l'inspection.
Chaque élément unitaire dont la surface est dégradée fait l'objet de mesures de plomb dans les conditions fixées à l'article 3.
Des mesures de plomb sont systématiquement réalisées lorsque des zones de grattage des peintures sont observées.
Art. 3 - La mesure du plomb sera effectuée préférentiellement à l'aide d'un appareil portable à fluorescence X.
Au moins trois mesures doivent être réalisées pour chaque élément du bâtiment, en des points différents. Les points de mesure sont choisis sur des surfaces saines à proximité immédiate des parties dégradées.
La mesure du plomb peut aussi être réalisée par analyse d'échantillons en laboratoire, notamment dans les situations où l'analyse par fluorescence X n'est pas utilisable.
Les prélèvements de peinture comprennent l'ensemble des couches, en limitant au minimum l'arrachement de support.
Deux types d'analyses peuvent être pratiqués :
soit l'analyse du plomb total contenu dans l'échantillon prélevé
soit l'analyse du plomb acido-soluble pouvant migrer à partir de l'échantillon.
Le résultat de l'analyse est exprimé, selon le cas, en milligrammes par gramme (mg/g) de plomb total ou en milligrammes par gramme de plomb acido-soluble.